Toi qui m’a vu baisser les bras. Toi qui as tué sans vergogne le peu qu’il me restait de moi. Tu as pris chacun de mes sourires pour les bruler devant moi. - "Les sentiments humains", Pierre Lapointe
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J’ai parlé de ma vie à quelqu’un dernièrement. C’est quelque chose qui ne m’était pas arrivé depuis très longtemps : considérer que ce récit valait la peine d’être raconté. Rencontrer quelqu’un qui était sincèrement intéressé à la connaitre, cette foutue histoire.
Je lui ai parlé de mon présent, un peu trop de mon passé et de ce futur que j’ai tant de mal à m’imaginer. Et puis j’ai parlé de toi. Toi qui as saccagé ma vie entière, tout ce que j’étais. Je me suis rendu compte de tout le supplice que tu m’as fait vivre, encore une fois. J’ai revécu toutes ces souffrances que je croyais enfouies à jamais, j’ai senti mon cœur se déchirer comme avant.
Je suis immanquablement sidérée lorsque j’entrevois la rage que tout cela dégage en moi. Toute cette violence qui ne me ressemble pas, toute cette amertume, cette haine si noire. J’ai l’impression d’être un monstre prêt à tout pour démolir ta sale gueule, te massacrer autant que tu as pu le faire avec mon âme... C’est fou à quel point la douleur est encore si brutale. J’en perds pied, j’en ai presque mal au cœur… J’ai la voix qui tremble, je suis incapable de me contrôler.
Et tu sais, tu n’as même pas de nom. Quand je parle de toi, je ne le cite même pas. Encore moins dans ma tête, tu n’en vaux pas la peine. Tu ne mérites que d'être un pronom, que cela te rende aussi impersonnelle que possible. Tu es « elle », rien d’autre. Et tu ne seras jamais rien de plus que cela.
C’est en parlant de toi à nouveau que je me suis rendu compte que la douleur va rester à jamais. Je suis guérie, certes. Ça ne s’est pas fait tout seul, c’est certain; ça m'a demandé des années… J'ai dû combattre une angoisse sans cesse grandissante. Il m’a fallu regarder à quel point je m’étais enfoncée, poser cet oeil critique et si difficile sur ma vie. Ce fut atroce, je ne le souhaite à personne, même pas à toi. Mais j’ai réalisé que même si je suis bien dans ma tête aujourd’hui, la cicatrice sera éternellement présente. Et non seulement elle le sera toujours, mais elle, elle ne sera jamais totalement guérie. Elle sera constamment douloureuse, ma voix changera invariablement sous l’effet de l’émotion, la rage sera sans cesse aussi grande… Cette partie de moi sera foutue à jamais, elle sera irréversiblement démolie. J’ai perdu mon innocence vis-à-vis la vie et je trouve ça tellement dur à avaler.
Mais tu vois, cet ami fut le meilleur des psychologues que j’ai pu rencontrer de mon vécu. Et Dieu sait qu’il y en a eu! Sans s'en rendre compte, sans même donner d’avis, de conseils, il m’a été d’un grand soutien. Et c’est fou, parce que cette relation est totalement nouvelle… Comment se fait-il qu’il soit plus facile d’ouvrir son cœur à ceux qu’on ne connait même pas? J’ai du mal à parler de ça à ma propre mère, à l’homme j’aime depuis tant d’années…
Bref. Grâce à cette personne extraordinaire, j’ai réalisé quelque chose d’important et qui allège le poids sur mes épaules. Tant d’années j’ai pensé à ce que je ferais de ta gueule une fois que je te rencontrerai. Comment te rendre au centuple tout ce que tu m’as infligé? Mais maintenant, je crois que la seule chose que tu mérites c’est une poignée de main.
Oui, une poignée de main. Et peut-être même un sourire. Une poignée de main pour te dire merci. Merci de m’avoir laissée pour morte lors de ces trois dernières années, car aujourd’hui je me sens plus vivante que jamais. Merci, merci de m’avoir tuée comme tu l’as fait. D’avoir détruit tout ce que j’étais morceau par morceau. Si tu savais comme je me sens mieux désormais, maintenant que j’ai appris à me reconstruire.
Et merci à cet ami qui va très bien se reconnaitre. Merci de m’avoir écoutée sans me juger, sans me dire que j’ai eu tort. Même sans t’en rendre compte, tu m’as ouvert les yeux… Merci d’avoir été là pour moi alors qu’on se connaissait si peu (il faut dire que maintenant tu sais presque tout ce que je suis, ce sont ces blessures à l’âme qui font d’une personne ce qu’elle est). Merci de m’avoir ouvert ton cœur en retour, tu es un homme en or. Tu ne peux même pas t’imaginer l’impact que tu as produit sur ma vie en seulement un après-midi, tu ne pourrais même pas en concevoir la grandeur. Je te dois beaucoup pour ça, ça peut paraitre fou, mais c’est totalement vrai. L'unique chose que je regrette c'est de ne pas t'avoir trouvé plus tôt.
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J’ai parlé de ma vie à quelqu’un dernièrement. C’est quelque chose qui ne m’était pas arrivé depuis très longtemps : considérer que ce récit valait la peine d’être raconté. Rencontrer quelqu’un qui était sincèrement intéressé à la connaitre, cette foutue histoire.
Je lui ai parlé de mon présent, un peu trop de mon passé et de ce futur que j’ai tant de mal à m’imaginer. Et puis j’ai parlé de toi. Toi qui as saccagé ma vie entière, tout ce que j’étais. Je me suis rendu compte de tout le supplice que tu m’as fait vivre, encore une fois. J’ai revécu toutes ces souffrances que je croyais enfouies à jamais, j’ai senti mon cœur se déchirer comme avant.
Je suis immanquablement sidérée lorsque j’entrevois la rage que tout cela dégage en moi. Toute cette violence qui ne me ressemble pas, toute cette amertume, cette haine si noire. J’ai l’impression d’être un monstre prêt à tout pour démolir ta sale gueule, te massacrer autant que tu as pu le faire avec mon âme... C’est fou à quel point la douleur est encore si brutale. J’en perds pied, j’en ai presque mal au cœur… J’ai la voix qui tremble, je suis incapable de me contrôler.
Et tu sais, tu n’as même pas de nom. Quand je parle de toi, je ne le cite même pas. Encore moins dans ma tête, tu n’en vaux pas la peine. Tu ne mérites que d'être un pronom, que cela te rende aussi impersonnelle que possible. Tu es « elle », rien d’autre. Et tu ne seras jamais rien de plus que cela.
| En plein coeur |
Mais tu vois, cet ami fut le meilleur des psychologues que j’ai pu rencontrer de mon vécu. Et Dieu sait qu’il y en a eu! Sans s'en rendre compte, sans même donner d’avis, de conseils, il m’a été d’un grand soutien. Et c’est fou, parce que cette relation est totalement nouvelle… Comment se fait-il qu’il soit plus facile d’ouvrir son cœur à ceux qu’on ne connait même pas? J’ai du mal à parler de ça à ma propre mère, à l’homme j’aime depuis tant d’années…
Bref. Grâce à cette personne extraordinaire, j’ai réalisé quelque chose d’important et qui allège le poids sur mes épaules. Tant d’années j’ai pensé à ce que je ferais de ta gueule une fois que je te rencontrerai. Comment te rendre au centuple tout ce que tu m’as infligé? Mais maintenant, je crois que la seule chose que tu mérites c’est une poignée de main.
Oui, une poignée de main. Et peut-être même un sourire. Une poignée de main pour te dire merci. Merci de m’avoir laissée pour morte lors de ces trois dernières années, car aujourd’hui je me sens plus vivante que jamais. Merci, merci de m’avoir tuée comme tu l’as fait. D’avoir détruit tout ce que j’étais morceau par morceau. Si tu savais comme je me sens mieux désormais, maintenant que j’ai appris à me reconstruire.
Et merci à cet ami qui va très bien se reconnaitre. Merci de m’avoir écoutée sans me juger, sans me dire que j’ai eu tort. Même sans t’en rendre compte, tu m’as ouvert les yeux… Merci d’avoir été là pour moi alors qu’on se connaissait si peu (il faut dire que maintenant tu sais presque tout ce que je suis, ce sont ces blessures à l’âme qui font d’une personne ce qu’elle est). Merci de m’avoir ouvert ton cœur en retour, tu es un homme en or. Tu ne peux même pas t’imaginer l’impact que tu as produit sur ma vie en seulement un après-midi, tu ne pourrais même pas en concevoir la grandeur. Je te dois beaucoup pour ça, ça peut paraitre fou, mais c’est totalement vrai. L'unique chose que je regrette c'est de ne pas t'avoir trouvé plus tôt.
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